27e Session du Comité d’Orientation Stratégique de l’OSS, Tunis, 28 janvier 2025
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Kitui, Kenya – 6 octobre 2026
Face à des sécheresses récurrentes qui fragilisent les moyens de subsistance des agriculteurs et des éleveurs en Afrique de l’Est, disposer de données ne suffit plus : l’enjeu est de transformer l’alerte en décision et la décision en action. Réunis à Kitui dans le cadre du projet DRESSEA, les acteurs du Kenya et du Soudan mettent à l’épreuve la chaîne d’alerte précoce, depuis la surveillance régionale de la sécheresse jusqu’à l’information et à l’action au niveau des communautés. Une étape déterminante pour renforcer la préparation, la coordination institutionnelle et la résilience face aux impacts du changement climatique.
L’Observatoire du Sahara et du Sahel (OSS), avec ses partenaires du projet DRESSEA – Strengthening Drought Resilience for Smallholder Farmers and Pastoralists in the IGAD Region, prend part à Kitui à un exercice conjoint réunissant le Kenya et le Soudan autour de la préparation à la sécheresse et de l’opérationnalisation des systèmes d’alerte précoce.
Soutenu par le Fonds pour l’Adaptation, le projet DRESSEA intervient à Djibouti, au Kenya, au Soudan et en Ouganda. Il vise à renforcer la résilience des petits exploitants agricoles et des communautés pastorales face à la sécheresse, notamment à travers l’amélioration des systèmes d’alerte précoce, le renforcement des capacités institutionnelles, une meilleure coordination entre les acteurs et la mise en œuvre de mesures concrètes d’adaptation.
L’exercice organisé à Kitui réunit institutions nationales et locales, experts techniques et partenaires régionaux. Les travaux portent sur un enjeu central : comment faire circuler efficacement l’information sur la sécheresse depuis les systèmes régionaux de surveillance jusqu’aux institutions et aux communautés qui doivent agir ? Les participants analysent les informations disponibles, évaluent leur utilisation dans la prise de décision et testent les outils permettant de transmettre les alertes aux utilisateurs finaux.
Cette démarche est particulièrement importante pour les petits agriculteurs et les communautés pastorales et agropastorales. Une alerte n’a de réelle valeur que si elle est disponible à temps, comprise et suffisamment précise pour guider des décisions concrètes concernant notamment l’accès à l’eau, la gestion des pâturages, les déplacements du bétail ou encore la préparation des ménages.
Pour l’OSS, l’enjeu est précisément de rapprocher les dispositifs techniques des besoins réels des populations. Lors de l’ouverture, Steve Muhanji, Chef de la Division Développement des Projets de l’OSS, a souligné le passage du projet DRESSEA de la théorie à l’action. Il a rappelé que la valeur du projet réside dans sa capacité à produire des résultats tangibles et des actions concrètes au bénéfice des communautés particulièrement exposées aux effets du changement climatique. Il a également mis en avant le rôle central du système d’alerte précoce, dont dépendent la préparation, la communication, la coordination et la réponse face à la sécheresse.
Les travaux permettent ainsi de tester l’ensemble de la chaîne de valeur de l’alerte précoce à la sécheresse : depuis les signaux climatiques produits à l’échelle régionale, leur traduction en bulletins nationaux et locaux, jusqu’à leur utilisation par les agriculteurs, les éleveurs et les institutions territoriales. Cette approche doit permettre d’identifier les éventuelles ruptures dans la circulation de l’information et de vérifier que les dispositifs existants fonctionnent effectivement en situation opérationnelle.
Les sessions techniques conduites avec le Centre de prévision et d’applications climatiques de l’IGAD (ICPAC) renforcent cette dimension opérationnelle. Elles portent notamment sur l’utilisation du système East Africa Drought Watch, qui mobilise des données météorologiques en quasi-temps réel et des données d’observation de la Terre pour suivre l’évolution de la sécheresse. Les participants travaillent également sur la réception et l’interprétation des informations, la préparation des avis et bulletins, ainsi que leur diffusion, avec des exercices pratiques utilisant notamment HUSIKA et l’Africa Drought Impact Tracker (ADIT).
Au-delà des outils, le projet pose donc une question essentielle : l’information parvient-elle aux personnes qui en ont besoin, au bon moment et sous une forme qu’elles peuvent comprendre et utiliser ? Pour un phénomène à évolution lente comme la sécheresse, l’anticipation suppose en effet un suivi continu, des responsabilités institutionnelles clairement établies, des mécanismes de coordination efficaces et des seuils permettant de déclencher suffisamment tôt les mesures de préparation et de réponse.
L’exercice de Kitui s’inscrit par ailleurs dans une dynamique régionale plus large. Après une première étape à Djibouti, le processus se poursuit avec cette opération conjointe Kenya–Soudan, avant une dernière phase prévue en Ouganda. Cette séquence permet aux pays bénéficiaires de confronter leurs expériences, de tester leurs dispositifs et de renforcer la coopération régionale en matière de préparation à la sécheresse.
À travers DRESSEA, l’objectif est ainsi de réduire le délai entre l’alerte et l’action et de renforcer le lien entre les systèmes régionaux de surveillance, les institutions nationales et locales et les communautés. En consolidant cette chaîne, le projet contribue à faire de l’alerte précoce un véritable outil d’anticipation et d’adaptation, capable de soutenir des réponses mieux coordonnées et de protéger plus efficacement les moyens de subsistance des populations vulnérables face aux sécheresses récurrentes.
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