La Neutralité en matière de Dégradation des Terres et le renforcement du rapportage comme levier stratégique pour une gestion durable des territoires ont été au cœur de la session de sensibilisation dédiée aux organisations de la société civile, tenue le 28 mars 2026 à Djerba en marge du Sommet international Désertif’Actions 2026. Cette rencontre a mis en avant la nécessité de produire des données fiables, structurées et utiles à la décision, en s’appuyant sur une approche intégrée reliant observation de la Terre, expertise technique et connaissances locales.
Portée par le projet Umbrella, mis en œuvre en Tunisie par l’Observatoire du Sahara et du Sahel en collaboration avec le Ministère de l’Environnement de la Tunisie, avec l’appui du Programme des Nations Unies pour l’Environnement et le financement du Fonds pour l’Environnement Mondial, cette session s’inscrit dans une dynamique visant à renforcer les capacités nationales de suivi et à améliorer la qualité du rapportage dans le cadre de la Convention des Nations Unies sur la Lutte Contre la Désertification.
Les échanges ont permis de repositionner le rapportage comme un outil d’aide à la décision au service des politiques publiques et de la planification, en dépassant sa dimension strictement normative. Ils ont également souligné l’importance d’une mobilisation élargie des acteurs, en particulier des organisations de la société civile, dont le rôle dans la collecte de données, la compréhension des dynamiques territoriales et la sensibilisation reste déterminant mais encore insuffisamment structuré.
Les interventions de M Nabil Ben Khatra, Secrétaire Exécutif de l’Observatoire deb l’OSS, et de M Hamda Aloui, Point focal national de la CNULCD en Tunisie, ont insisté sur la nécessité d’une approche participative et inclusive, fondée sur des indicateurs mesurables et des données vérifiables, marquant un passage vers une logique analytique basée sur les preuves.
Les contributions techniques de M Youssouf Amadou, gestionnaire de projet à l’OSS, et de M Mustapha Mimouni, Directeur du département SIG et IT de l’OSS, ont permis de préciser les exigences du système PRAIS et de mettre en avant le rôle structurant de la plateforme MISLAND TN+ dans la collecte, l’analyse et la validation des données, tout en soulignant la nécessité de compléter les approches satellitaires par des observations de terrain pour limiter les biais d’interprétation.
L’intervention de M Tatenda Lemann, Senior Research Scientist au sein du réseau WOCAT, a apporté une dimension internationale en mettant en lumière le rôle de la capitalisation des connaissances et du partage des bonnes pratiques pour améliorer la qualité du rapportage et relier les expériences locales aux cadres globaux.
Dans la même dynamique, Mme Habiba Khiari, représentante de la CNULCD, a rappelé le rôle central des organisations de la société civile dans la production de données territoriales et a plaidé pour une structuration plus systématique de leur contribution au processus de rapportage.
Les retours d’expérience portés par Mme Sarra Toumi, engagée au sein de la société civile, et M Saad Seddik, ancien Ministre tunisien de l’Agriculture, ont mis en évidence le potentiel des acteurs locaux à proposer des solutions adaptées aux réalités écologiques et socio-économiques, tout en soulignant les enjeux liés à la coordination, à la confiance et à l’intégration des organisations de la société civile dans les processus de planification.
Cette session marque une étape importante dans l’amélioration du dispositif national de suivi de la Neutralité en matière de Dégradation des Terres. Elle ouvre la voie à un rapportage plus cohérent, plus inclusif et davantage orienté vers l’action, en phase avec les priorités nationales et les engagements internationaux en matière de gestion durable des terres.