Les changements climatiques en Afrique et corrélation avec la désertification

Djerba, 26 mars 2026

Changement climatique, désertification et sécheresse … en Afrique, ces phénomènes s’entrecroisent, se renforcent et façonnent profondément la vie des territoires et de leurs populations. C’est dans ce contexte qu'à l'occasion du sommet international DA26, l’Observatoire du Sahara et du Sahel a organisé un side-event pour éclairer ces enjeux et mettre en lumière des solutions concrètes développées à l’échelle locale et nationale.

Le livre documentaire « l’Afrique au défi du climat : de l’injustice à la résilience » développé par l'OSS a constitué le fil conducteur des échanges, articulant données scientifiques et témoignages recueillis auprès des acteurs de terrain.

Après un mot de bienvenue et de mise en contexte prononcé par M. Nabil Ben Khatra, Secrétaire exécutif de l’OSS, M. Mourad Briki, Directeur du Département Veille et Prospective, Renforcement des Capacités et Communication, a présenté les chiffres clés et les principaux résultats d’enquête, offrant un panorama précis des impacts et des dynamiques du climat en Afrique.

Un panel modéré par Mme Khaoula Jaoui, Directrice du Département Climat, a été consacré à la résilience des territoires et aux retours d’expérience des pays. M. Barnabe Kabore, du Burkina Faso, a témoigné de la manière dont les communautés locales réinventent leurs pratiques agricoles pour faire face à des sécheresses de plus en plus sévères, en puisant dans les savoirs ancestraux tout en s'appropriant des technologies adaptées à leurs réalités. M. Ibrahim Madougou, du Niger, a souligné l’importance de la coordination entre acteurs locaux et institutions pour sécuriser l’accès à l’eau et protéger les sols.  Mme Aissa Regalla de Barros, de la Guinée-Bissau, a quant à elle évoqué l’egagement des populations pour la restauration des écosystèmes fragilisés et la lutte contre la désertification. M. Georges Sossou, du Bénin, a présenté des initiatives de diversification agricole et de gestion durable des ressources naturelles, tandis que M. Sion Shifa, de la Namibie, a illustré l’usage d’outils de suivi climatique pour anticiper les sécheresses et guider les décisions locales. M. Robert Bimba, du Libéria, a mis en lumière l’importance de l’inclusion des communautés et des femmes dans les programmes de résilience, et M. Azziz Hirche, de l’Algérie, a exposé les stratégies de prévention des risques et de protection des parcours et des terres arides et semi arides.

Cinq messages ont émergé de ces échanges, clairs et puissants : l’injustice climatique frappe l’Afrique malgré sa faible responsabilité ; sécheresse et désertification se nourrissent l’une de l’autre ; le financement reste insuffisant et les ressources gagneraient à être mieux orientées ; l’Afrique peut et doit être actrice de sa résilience ; et le livre de l’OSS devient un outil stratégique de connaissance et de plaidoyer, capable de guider les décisions et d’inspirer l’action.