9 et 10 janvier, Djerba, Tunisie
La restauration et la gestion durable des systèmes pastoraux constituent un enjeu stratégique pour renforcer la résilience des écosystèmes face aux changements climatiques, préserver la biodiversité et soutenir durablement les moyens de subsistance des communautés rurales, en particulier dans les zones arides et semi-arides.
C’est dans ce contexte que la Direction Générale des Forêts (DGF) , en collaboration avec l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), l’Observatoire du Sahara et du Sahel (OSS), le Centre international de recherche agricole dans les zones arides (ICARDA) et l’Office de l’Élevage et des Pâturages, organise l’atelier régional consacré à la restauration et à la gestion durable des systèmes pastoraux à Djerba, Tunisie, les 9 et 10 janvier 2026. Cette rencontre se tient dans le cadre de la célébration de l’Année internationale des parcours et du pastoralisme.
L’atelier a réuni des acteurs institutionnels, des organisations régionales et internationales ainsi que des experts nationaux autour des principaux défis auxquels font face les systèmes pastoraux, notamment la dégradation des parcours, la pression croissante sur les ressources naturelles, la variabilité climatique accrue et les impacts socio-économiques sur les territoires ruraux. Les échanges ont mis en évidence le rôle central des écosystèmes pastoraux et forestiers dans la sécurité alimentaire, la cohésion sociale, la stabilité des territoires et l’adaptation aux changements climatiques.
Dans cette perspective, l’OSS (Observatoire du Sahara et du Sahel), représenté par son Secrétaire Exécutif, M. Nabil Ben Khatra, dans son allocution inaugurale, a mis l’accent sur la nécessité de rompre avec les approches conventionnelles afin de repenser la gestion des parcours pastoraux. Il a souligné l’importance d’innover et de dépasser le “business as usual”, en développant des approches à la fois rationnelles et innovantes, tenant compte de l’ensemble des dimensions juridiques et institutionnelles, économiques, sociales, culturelles et environnementales.
En effet, Il a également insisté sur la nécessité de placer les pasteurs et les communautés locales au cœur des processus de réflexion et de décision, de reconsidérer et de valoriser les savoir-faire locaux, et de reconnaître les parcours pastoraux comme des espaces vivants, porteurs de valeurs culturelles et sources d’inspiration. Ces orientations, a-t-il souligné, doivent s’inscrire dans un nouveau modèle de développement, fondé sur la durabilité, l’inclusion et la valorisation des ressources territoriales. Ce plaidoyer pour une approche participative des parties prenantes est le crédo prôné par l’OSS dont la mission est de valoriser et de renforcer les acteurs communautaires dont le pastoralisme est un pilier.
Dès lors, les échanges ont mis en exergue l’importance des approches intégrées, articulant la gestion durable des terres, de l’eau et des parcours, en cohérence avec les cadres juridiques et les politiques publiques. En Tunisie, les parcours pastoraux sont juridiquement intégrés au Code forestier, aux côtés des forêts et des nappes alfatières, tandis que les ressources en eau relèvent d’un cadre distinct. Cette configuration souligne la nécessité de renforcer la coordination intersectorielle, afin d’améliorer l’efficacité des actions de restauration, de valorisation des parcours et de gouvernance durable des ressources naturelles.
Enfin, l’OSS a réaffirmé sa disponibilité à accompagner, en collaboration avec ses partenaires, les initiatives issues de cette dynamique, notamment, le développement de projets pilotes, le renforcement des capacités des acteurs locaux et la mobilisation de financements adaptés. Ce qui permettra de consolider les acquis et de renforcer la coopération régionale.