Désertif’actions 2026 s’est ouvert aujourd’hui à Djerba dans un contexte mondial marqué par l’intensification des crises climatiques, environnementales et socio-économiques, réunissant décideurs, experts, organisations internationales, chercheurs et acteurs de terrain autour d’un objectif commun : faire face à la dégradation des terres et aux sécheresses.
Dès le démarrage, le ton a été donné par M. Walid Tabboubi, Gouverneur de Médenine, qui a rappelé que les territoires sont en première ligne, appelant à des réponses ancrées dans les réalités locales et portées collectivement. Une dynamique reprise dans le message d’ouverture de M. Habib Abid, Ministre de l’Environnement de Tunisie, prononcé par Mme Awatef Messai, Directrice générale par intérim de la Direction Générale de l’Environnement et de la Qualité de la Vie, qui a insisté sur la nécessité de renforcer la coopération internationale et de traduire les engagements en actions concrètes.
Dans cette continuité, M. Chedli Abdelli, Directeur général de l’Agence Nationale de la Promotion de la Recherche Scientifique et représentant du Ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique, a mis en avant le rôle de la recherche, de la formation et de l’innovation pour mieux comprendre les dynamiques de dégradation et orienter des solutions adaptées aux contextes nationaux et régionaux.
Faisant le lien entre enjeux environnementaux et activités touristiques, M. Mohamed Mehdi Haloui, Directeur général de l’Office National du Tourisme Tunisien, a souligné que, dans un territoire comme Djerba, la préservation des ressources naturelles conditionne directement l’attractivité, appelant à des investissements responsables tournés vers la résilience.
Cet appel à des décisions éclairées a été prolongé par M. Nabil Ben Khatra, Secrétaire exécutif de l’Observatoire du Sahara et du Sahel, qui a insisté sur le rôle central de la connaissance, de l’expérience de terrain et des outils d’aide à la décision, tout en rappelant que les solutions doivent être co-construites avec les acteurs locaux et pensées à l’échelle des territoires.
Revenant à l’origine même du sommet, M. Patrice Burger, Président du Centre d’Actions et de Réalisations Internationales (CARI), a rappelé que cette initiative est née de la société civile, avec une conviction forte : les solutions existent déjà sur le terrain et doivent être valorisées, partagées et reproduites.
Cet ancrage local a trouvé un écho dans les messages adressés à distance. Mme Yasmine Fouad, Secrétaire exécutive de la Convention des Nations Unies sur la Lutte Contre la Désertification (CNULCD), a replacé ces enjeux à l’échelle mondiale, appelant à accélérer la mise en œuvre des engagements. Mme Monique Barbut, Ministre de la Transition écologique, de la Biodiversité et des Négociations internationales sur le climat et la nature de France et ancienne Secrétaire exécutive de la CNULCD, a souligné la nécessité de changer d’échelle en matière de financement et d’engagement politique, tandis que Dr Osama Fqeeha, Conseiller à la Présidence de la CoP17, a positionné cette échéance comme un moment clé pour transformer les engagements en résultats concrets.
Dans le même esprit, les partenaires ont insisté sur la nécessité de décloisonner les approches. M. Kalifa Traoré, Directeur de l’Institut d’Économie Rurale et Président du Conseil d’administration du CORAF, a mis en avant l’innovation agricole et les savoirs locaux comme leviers de résilience, pendant que M. Claude Gascon, Directeur ad intérim de la stratégie et des opérations du Fonds pour l’environnement mondial (GEF) a appelé à mieux relier les besoins des territoires aux mécanismes de financement existants.
Enfin, pour donner corps à cette dynamique, M. Christophe Brosse, Directeur général du CARI, a présenté un programme structuré autour de la co-construction, inscrit dans la perspective de la CoP17, et a appelé à une participation active afin de faire émerger des solutions concrètes et opérationnelles.
Cette première session pose ainsi les bases d’un dialogue ouvert, où la convergence des regards et des expériences devient une condition essentielle pour construire des réponses à la hauteur des défis.