Copernicea, le premier atelier régional d’échange et de validation des premiers résultats des comptes biophysiques régionaux, à Dakar

28/11/2021

Dans le cadre de la mise en œuvre des activités du projet COPERNICEA, l’OSS organise du 29 novembre au 2 décembre le premier atelier régional d’échange et de validation des premiers résultats des comptes biophysiques régionaux , à Dakar.

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L’écosystème est le promoteur principal qui assure  le maintien de l’équilibre biologique et écologique entre les espèces naturelles et leur environnement. Cet équilibre est principalement menacé du fait du changement climatique, d’où l’urgence d’étudier et d’anticiper les dérèglements qui mettent en péril la vie sur terre.

C’est dans cette dynamique, que la décennie des nations unies 2021-2030 pour la restauration des écosystèmes, est un appel lancé à tous les pays du monde à s’unir pour protéger et restaurer les écosystèmes dans l’intérêt de la nature et des êtres humains. Elle vise à mettre un terme à la dégradation des écosystèmes et à les restaurer afin d’atteindre les objectifs mondiaux.

En 1992, la conférence des Nations unies sur l'environnement de Rio de Janeiro marque un tournant décisif en adoptant l'Agenda 21 pour le développement durable qui a préconisé, entre autres, la mise en place « d’un programme pour créer des systèmes nationaux de comptabilité écologique et économique intégrée dans tous les pays ». A l’issue de cette conférence, un manuel de comptabilité environnementale et économique intégrée a été mis au point en 1993.

20 ans après, lors de sa quarante-troisième session, la Commission de Statistique de l’ONU (CSNU) a adopté pour la première fois en 2012, le Système de Comptabilité Économique et Environnementale (SCEE) en tant que première norme statistique internationale prenant, à la fois, en compte les dimensions économiques et environnementales, tout en recommandant de poursuivre l’expérimentation de comptes écosystémiques, pour lesquels la demande s’est accrue avec le temps.

La commission a également approuvé en 2013 le Cadre de comptabilité expérimental du SCEE, considéré comme une étape importante dans l’élaboration d’un cadre statistique intégré destiné à organiser les informations biophysiques, à mesurer les services, à suivre les changements dans les actifs écosystémiques et à relier ces informations aux activités économiques et autres activités humaines pour améliorer la prise de décision.

La Convention sur la Diversité Biologique (CDB) a développé en 2014, une Trousse de Démarrage Rapide (TDR) pour la Comptabilité Ecosystémique du Capital Naturel (CECN). Cette trousse fournit les bases méthodologiques pour la mise en œuvre des comptes écosystémiques sur un modèle d’écosystème simplifié.

Le 5 mars 2021, ce cadre est désormais considéré comme un standard statistique international par la CSNU permettant un programme de transformation de la biodiversité pour l'après-2020. Il offre ainsi une vue complète et polyvalente des interrelations entre l'environnement et l'économie, d’une part et les stocks et les changements dans les actifs environnementaux et les écosystèmes, d’autre part. Dans sa nouvelle stratégie décennale (2021-2030), l’OSS ambitionne de renforcer ses interventions dans le domaine de la biodiversité. Sa vision est alors orientée vers (i) le développement des outils de comptabilité du capital naturel en vue de les intégrer dans les plans d’action nationaux / régionaux (ii) l’appui pour l’intégration de la biodiversité dans les stratégies de planification et de développement et (iii) l’identification, la recherche de financements et la mise en œuvre des plans d’action nationaux biodiversité post 2020.

Le projet COPERNICEA vient combler de façon opérationnelle le manque de quantification des écosystèmes, avec une ambition d’assurer le suivi spatio-temporel de l’état des services écosystémiques. En outre, le projet entend rendre compte de leurs évolutions et engendrer un changement de paradigme en contribuant à l’amélioration de la prise de décision pour de meilleurs investissements sur ces écosystèmes.

L’objectif global du projet Copernicea est de doter les six pays francophones concernés (Burkina-Faso, Guinée-Conakry, Maroc, Niger, Sénégal et Tunisie) d’un dispositif opérationnel propre et autonome (méthodes, outils, compétences et organisation) de Comptabilité Ecosystémique du Capital Naturel (CECN). Ce dispositif permettra de développer rapidement une première comptabilité écosystémique (d’abord biophysique puis socio-économique) de leur capital naturel, permettant d’en cerner les évolutions. Ces éléments de comptabilité, élaborés en parallèle et avec une méthodologie commune, seront comparables d’un pays à l’autre et agrégeables.

De façon spécifique, le projet vise l’établissement d’un réseau national et régional de partage et d’échange d’informations et de données utiles et nécessaires à la CECN. Les structures détenant ou produisant des informations et des données seront amenées à les mutualiser et faciliter leur meilleure accessibilité pour une grande variété d’utilisateurs. Ces données seront harmonisées et disponibles sous des formats d’intégration dans les comptes écosystémiques.